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Porte-conteneurs en mer illustrant l'incertitude liée à la tarification carbone de l'OMI et le défi de la transition énergétique 2030
Le cadre de tarification carbone de l'OMI, toujours non résolu, crée un paysage d'investissement bifurqué pour les armateurs, où les commandes de tonnage conventionnel surpassent les engagements en faveur de navires zéro émission, malgré la baisse des coûts du biodiesel.

L'incertitude sur la tarification carbone de l'OMI compromet les objectifs carburants 2030

L'impasse sur la tarification carbone de l'OMI érode la confiance dans la transition énergétique du secteur maritime à l'horizon 2030. Alors que le biodiesel est désormais moins coûteux que les carburants conventionnels et que la part des navires zéro émission dans le carnet

La tarification carbone OMI est devenue l'incertitude déterminante dans la transition énergétique du secteur maritime. Des organisations professionnelles ont averti cette semaine que l'impasse sur la tarification carbone OMI met sérieusement en péril les objectifs carburants 2030 du secteur. Simultanément, le Financial Times a confirmé que le biodiesel marin est passé en dessous du coût des carburants conventionnels à la suite d'une surabondance mondiale de l'offre. Ces deux signaux révèlent ensemble un marché en tension structurelle : l'économie des carburants plus propres s'améliore, mais le capital continue d'affluer vers le tonnage conventionnel, faute d'un signal de prix résolu sur la tarification carbone OMI à Genève.

Pourquoi le carnet de commandes évolue dans la mauvaise direction

La part des navires à capacité zéro émission évolutive dans le carnet de commandes a reculé cette semaine, selon les données de suivi sectoriel. Ce recul ne reflète pas une indisponibilité technologique. Des conceptions bi-carburant et prêtes pour les carburants alternatifs existent dans la plupart des grands segments de navires. Le problème est la confiance des investisseurs. Les armateurs qui passent des commandes aujourd'hui engagent des capitaux sur des actifs dont la durée de vie opérationnelle est de 20 à 25 ans. Sans une trajectoire de coût carbone crédible et contraignante de la part de l'OMI, le dossier financier en faveur de nouvelles constructions à valeur ajoutée reste difficile à boucler.

Le tonnage conventionnel, en revanche, ne supporte aucun risque de prime réglementaire dans les conditions actuelles. Tant que l'OMI n'aura pas résolu son impasse interne sur la structure du prélèvement et la redistribution des recettes, les acteurs rationnels continueront de privilégier les navires à coût initial moins élevé. Les données du carnet de commandes cette semaine rendent cette logique visible dans l'ensemble du marché.

Comment la tarification carbone OMI façonne l'investissement dans les carburants

Les négociations sur la tarification carbone de l'OMI se sont enlisées sur deux lignes de fracture principales : le taux de prélèvement approprié et les modalités de redistribution des recettes entre les États membres. Les pays en développement ont plaidé pour une part plus importante des produits afin de financer leur propre décarbonation maritime. Les grands États du pavillon et les nations armateurs ont résisté à des structures susceptibles de désavantager leurs flottes sur le plan concurrentiel. Il en résulte un cadre qui demeure aspirationnel plutôt qu'opérationnel, et cette ambiguïté cause des dommages mesurables à l'allocation du capital.

Les décisions d'investissement dans les carburants à l'échelle de la flotte nécessitent une hypothèse de coût carbone. Les banques structurant des instruments de dette durable dans le secteur maritime, les investisseurs en fonds propres souscrivant des programmes de nouvelles constructions et les affréteurs négociant des contrats à long terme doivent tous modéliser un prix du carbone. Lorsque ce prix est indéfini, les primes de risque augmentent et les délais des projets s'allongent. L'objectif carburant 2030 était déjà ambitieux. Il devient structurellement inaccessible si le signal de prix censé le porter reste absent pendant encore 12 à 18 mois.

L'avantage de coût du biodiesel est réel, mais insuffisant à lui seul

L'évolution du biodiesel cette semaine mérite une interprétation attentive. Le biodiesel marin est devenu moins coûteux que les carburants marins conventionnels sur plusieurs marchés de soutage clés, sous l'effet d'une surabondance de l'offre dans les capacités de traitement des matières premières. Cette inversion des coûts est commercialement significative. Elle supprime la pénalité de prix qui faisait auparavant du biodiesel un outil de conformité de dernier recours plutôt qu'une stratégie carburant principale.

Toutefois, l'avantage de coût du biodiesel ne résout pas le problème sous-jacent de signal d'investissement. Le biodiesel est un carburant de transition. Il ne répond pas aux critères de solution zéro émission au regard de la propre stratégie à long terme de l'OMI. Les armateurs qui fondent leur position de conformité 2030 sur le biodiesel gèrent leur exposition aux coûts à court terme, sans se positionner pour l'environnement réglementaire qui régira les années 2030 et 2040. La baisse du prix du biodiesel est utile, mais elle ne saurait se substituer à la clarté structurelle que seul un cadre de tarification carbone de l'OMI résolu peut apporter.

La surabondance de l'offre qui a fait baisser les coûts du biodiesel n'est pas non plus garantie de perdurer. La disponibilité des matières premières, les évolutions politiques dans les principaux marchés producteurs et la demande concurrente du transport routier peuvent toutes inverser la dynamique de prix actuelle. Les armateurs qui adoptent des stratégies fortement axées sur le biodiesel sans se couvrir contre ce retournement acceptent une forme différente de risque carburant.

Les carburants marins alternatifs ont besoin d'une ancre politique pour se développer à grande échelle

Les filières méthanol, ammoniac et hydrogène vert progressent toutes sur le plan technique. Plusieurs grands armateurs ont passé des commandes de navires compatibles au méthanol, et des pilotes de soutage à l'ammoniac sont en cours dans certains ports. L'infrastructure commerciale dédiée aux carburants marins alternatifs est en cours de construction, mais elle se développe lentement et de manière sélective. Le passage à l'échelle exige une certitude de la demande, et cette certitude de la demande requiert un prix du carbone qui rende les carburants alternatifs économiquement compétitifs par rapport aux options conventionnelles au niveau de la flotte, et non uniquement dans le cadre de programmes pilotes.

Les marchés de la dette durable dans le secteur maritime suivent de près les négociations de l'OMI. Les obligations vertes et les prêts indexés sur la durabilité adossés à des actifs maritimes exigent de plus en plus des trajectoires de décarbonation crédibles comme condition d'une tarification avantageuse. Si le cadre de l'OMI demeure sans résolution, les prêteurs renchériront soit le coût de cette dette, soit resserreront les structures de clauses restrictives qui la régissent. Dans l'un ou l'autre cas, le coût du capital même dont dépend la transition énergétique s'en trouvera alourdi.

Ce que représente la clarté stratégique dans un marché non résolu

Les armateurs et les opérateurs ne peuvent attendre que Genève règle ses divergences politiques internes avant de prendre des décisions d'investissement. L'échéance de 2030 est à moins de six ans, et les délais de construction des navires neufs impliquent que les commandes passées en 2025 et 2026 définiront la flotte opérationnelle du début des années 2030. L'impératif stratégique consiste à construire de l'optionnalité plutôt que de miser sur une seule filière de carburant.

Cela implique de commander des navires à double carburant ou à motorisation flexible lorsque les conditions économiques le permettent, de tirer parti de la fenêtre de coût actuelle du biodiesel pour réduire les coûts de conformité à court terme, et de structurer des montages financiers capables d'absorber un éventail de scénarios de coût du carbone. Cela suppose également de s'engager directement dans les négociations de l'OMI par l'intermédiaire des associations professionnelles, car le signal-prix dont le marché a besoin n'émergera que d'un processus politique sur lequel les acteurs du secteur peuvent encore exercer une influence.

Le problème du signal d'investissement est soluble. L'OMI dispose du mandat institutionnel et des éléments techniques nécessaires pour établir un cadre crédible de tarification du carbone. Ce qui lui fait actuellement défaut, c'est le consensus politique pour agir. Combler cet écart avant que la fenêtre du carnet de commandes ne se referme constitue la tâche la plus déterminante à laquelle l'industrie maritime est confrontée en 2025.

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Cette analyse reflète la perspective long-horizon de PWX sur les marchés mondiaux.